Le russe Uralvagonzavod rachéte Sambre & Meuse

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Le siège  du conglomérat Russe Uralvagonzavod

Ne dites plus Sambre et Meuse pour parler de l’emblématique usine de Feignies, mais Uralvagonzavod, société d’Etat russe qui a pris le contrôle de cette entreprise. Une première dans la région et qui devrait se traduire par la création de cent quarante emplois à l’horizon 2013. Parole experte de Finorpa, l’organisme financier qui est une émanation du conseil régional, s’agissant de Sambre et Meuse où ses membres siègent au conseil d’administration : « l’an dernier, on est passé à deux doigts de la catastrophe ». Comprenez à deux doigts de la disparition. La même source : « au début de cette année, il n’y a pas un investisseur qui aurait mis un centime sur cette entreprise ». C’est dire si Sambre et Meuse revient de loin.Le salut est venu de l’Est (lire en pages Economie). Le mastodonte Uralvagondsavol est dans une situation opposée à celle de la molécule qu’il vient d’absorber : il a besoin d’augmenter ses capacités de production dans le ferroviaire et ce, dans des proportions considérables. Sur le plan quantitatif, le consortium a raflé l’an dernier 40 % des parts de marchés dans la fabrication des wagons en Russie, soit 20 000 exemplaires et il vise 23 500 en 2011. Mercredi, lors d’une visite des installations finésiennes Oleg Sienko, directeur exécutif d’UVZ, a fixé aussi des objectifs qualitatifs : « nous travaillons sur des wagons qui pourraient circuler pendant cinq cents mille kilomètres sans maintenance, avec l’ambition d’atteindre un million de kilomètres ». Sur un strict plan industriel, le directeur d’UVZ, aidé par une interprète, a dessiné les contours de l’entreprise d’Etat qu’il dirige, un conglomérat de vingt sociétés employant soixante-trois mille salariés pour quatre milliards d’euros de chiffre d’affaires. Une façon de dire que Sambre et Meuse devait compter désormais avec UVZ. Un exemple : les seules fonderies du groupe « produisent » chaque année sept mille tonnes de déchets métalliques. « Il est sûr que nous allons vous amener beaucoup de matière première », a glissé Oleg Sienko. Le social, les craintes de délocalisation ? « Nous sommes une entreprise d’Etat et nous sommes très soucieux des aspects sociaux. C’est l’un des domaines le plus important pour n’importe quelle entreprise qui cherche la stabilité », répond Oleg Sienko. Olivier André, sous-préfet, a pour sa part souligné qu’UVZ pouvait compter sur les collectivités locales et les services de l’Etat. Et du côté de la Finorpa, on assurait que le dossier avait été bouclé de telle façon que le déménagement en Russie n’était pas envisageable. Les délégués du personnel CFTC, FO et CGT, présentés au nouveau « big boss », lors de cette visite, se tiennent en réserve. Résumé : « c’est une bonne nouvelle, mais on attend de voir ce que ça va nous apporter en matériel et sur les conditions de travail. On n’est pas pessimiste, mais on ne se réjouit pas trop vite non plus ». Le temps de faire connaissance sans doute. • J.-M. B.

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