La volonté d’acier d’Altifort (FR)

Le patron d’Altifort, Bart Gruyaert, ici à PVI (ex-Pentair) à Ham, est le principal candidat au rachat de Ascoval.

Le groupe industriel Altifort, dont le siège est basé à Ham chez PVI (ex-Pentair) (Somme) est le premier candidat au rachat de Ascoval. Son patron Bart Gruyaert est ultra-motivé pour l’acquisition.

  • Le groupe Altifort a été créé en 2014.
  • Fin 2016, il rachète Pentair à Ham, usine baptisée Picardie Valves industries (PVI) le 1er janvier 2017.
  • Le site de la Somme devient le siège d’un groupe industriel à la croissance insolente.

’il a fixé le siège de son groupe dans la petite ville de Ham chez Picardie Valves Industries (PVI) en rachetant Pentair en 2017, il ne s’agit pas là de la coquetterie d’un industriel qui la jouerait modeste. «  C’est une reconnaissance au territoire et nous démontrons notre ancrage  », souligne le président d’Altifort, Bart Gruyaert. Le groupe franco-belge compte aujourd’hui près de 1 500 collaborateurs (dont 130 hors de France), répartis sur dix-huit sites industriels et treize centres de services en France, Belgique et Ukraine (lire par ailleurs). Il présente une croissance rapide avec un chiffre d’affaires estimé à fin 2018 à 200 M€, contre 65 M€ en 2017. C’est fort de cette belle carte de visite et du double soutien de la Région Hauts-de-France et de la banque régionale Bpifrance, que Altifort est le candidat déclaré au rachat de l’aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord) près de Valenciennes. Là, où 281 salariés vivent dans l’incertitude et l’angoisse depuis des mois, et sont en grève.

Au ministère de l’Économie vendredi 26 octobre, l’État offre ses bons offices pour tenter de sortir de l’impasse Ascoval, placé en redressement judiciaire, avant la prochaine audience du tribunal de commerce de Strasbourg fixée au 7 novembre.

Le Belge Bart Gruyaert, ingénieur et président d’Altifort, cofondateur du groupe avec le Français Stanislas Vigier, sera reçu à Bercy vendredi après-midi.

Stratégie globale

Pour lui, les autres candidatures au rachat de Arcoval «  ne sont pas sérieuses  ».« J’appelle de mes vœux une bonne médiation dans une véritable ouverture d’esprit. J’espère une bonne volonté de l’État et de Vallourec pour ne pas saboter notre projet de reprise. Si nos deux sociétés se voient comme des partenaires, on va trouver une solution ; comme adversaires, il n’y en aura pas  », insiste Bart Gruyaert. Le rachat pour le moment achoppe. Vallourec, qui possède encore 40 % d’Ascoval, doute de la solidité financière du candidat repreneur et surtout refuse une charge supplémentaire estimée à 51 M€, notamment pour le rachat d’un volume d’acier à un prix élevé, selon un contrat signé en janvier. La volonté de fer de Bart Gruyaert d’acquérir l’aciérie du Nord n’est pas discutable. «  Une entreprise joue offensif. Quand je débarque dans un dossier, c’est pour aller au bout. J’ai une responsabilité à assumer pour notre groupe et pour l’ensemble des industriels concernés », dit-il. Simple posture ? «  Si Arcoval ferme, ça va avoir un impact négatif sur trois de mes sociétés d’un seul coup  », prédit Bart Gruyaert, qui argumente : «  mes délais d’approvisionnement en aciers spéciaux actuellement de six à huit semaines, passeraient à cinq mois  ». Le rachat se situerait donc dans une stratégie globale pertinente.

PVI Ham ne serait pas directement concerné par l’échec du rachat d’Ascoval mais Bart Gruyaert ne préfère pas citer les trois unités qui, elles, seraient impactées. Depuis le rachat de Pentair (99 salariés), PVI est passé à 115 collaborateurs sur son site de Haute-Somme et a réalisé un investissement de 4 M€. « Nous avons un carnet de commandes bien rempli avec une visibilité de près d’un an », se réjouit l’industriel. Le fabricant de vannes ne manque pas de projets par exemple avec les marines malaisienne et américaine.

Un groupe à l’impressionnante croissance

Les différentes sociétés du groupe Altifort au 15 octobre 2018 sont Altifort PVI (Picardie Valves Industries), fabricant de vannes et de robinets industriels à Ham, Altifort Tobler, spécialiste mondial de mandrins à Louvres (Ile-de-France), Altifort Catteau, conception, fabrication et pose d’éléments sur-mesure en béton préfabriqués pour la construction à Strazeele (Hauts-de-France), Altifort Boart, fabrication d’outils abrasifs de rectification, de découpe et de perçage de matériaux à Nivelles (Belgique), Altifort SMFI (Société de Matériel de Forage International), à Cosne-Cours-sur-Loire (Bourgogne) et Tarbes (Occitanie), Altifort HP Systems à Périgny (Nouvelle Aquitaine), Altifort GLI (Gaz Liquéfiés Industrie) à Bischwiller (Grand Est) et Civray (Nouvelle Aquitaine), Altifort ITC (Industriel de Tuyauterie et de Chaudronnerie), à Feyzin (Auvergne Rhône-Alpes), Altifort FCT pour la pétrochimie à Albi (Occitanie), Altifort Wire, activité de tréfilerie à Commercy (Grand Est) et Sainte-Colombe-sur-Seine (Bourgogne Franche-Comté), Altifort D2FC à Thiétreville (Normandie), Altifort Innovatech, activité de R&D et usine de production de Cobot à Château-Thierry (Hauts-de-France) et Sarrazin Technologies, Robot manipulateur collaboratif à Perrecy-les-Forges (Bourgogne).

Source:

http://www.courrier-picard.fr/144891/article/2018-10-25/la-volonte-dacier-daltifort-pvia-ham

Posted in Companies.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *