La ruée sur le lithium et le cobalt (FR)

Share on Facebook0Share on Google+0Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn6Pin on Pinterest0Email this to someonePrint this page

Dans un monde 100% véhicule électrique, la demande de lithium serait multipliée par trente, celle de cobalt par vingt. Pour y répondre, les mines manquent.

En février dernier, le tout petit marché du cobalt a connu une agitation sans précédent. En quelques semaines, des investisseurs avertis  ont fait main basse sur plusieurs milliers de tonnes de ce minerai essentiel pour fabriquer notamment les batteries au lithium des voitures électriques, s’emparant de l’équivalent de 17% de la production mondiale. Leur pari ? Que le véhicule électrique se développe plus rapidement que prévu, avec pour conséquence une pénurie de cobalt et un bond des prix.  Ces « hedge funds » ne s’y sont pas trompés. A l’aube de la révolution du transport « vert », alors qu’à peine 3 millions de véhicules pourraient avoir été vendus dans le monde d’ici la fin de l’année contre 530 millions attendus en circulation d’ici à 2040, le cobalt a déjà vu son cours sur le London Metal Exchange (LME) grimper de 86% cette année.

Dans un monde 100% véhicule électrique, UBS a calculé que le cobalt est la matière première dont les besoins devraient le plus augmenter (+1928% comparé à la production mondiale aujourd’hui), derrière le lithium (+2898%), mais bien avant les terres rares (+655%), le graphite (+524%), le nickel (+105%) ou encore le manganèse (+14%), tous ces éléments servant dans la conception des batteries rechargeables. Dans une étude publiée en mai, la banque suisse explique, après avoir comparé une Bolt Chevrolet à une Golf Volkswagen, que la carrosserie et le châssis d’un véhicule électrique nécessitent aussi davantage d’aluminium et de cuivre, mais moins de fer et un peu moins d’acier.

Pour autant, ces marchés de minerais et de métaux ne seront pas égaux face à une explosion de la demande des voitures sans pétrole. Il y aura de la bauxite, du cuivre ou du manganèse en suffisance. Si certains se sont inquiétés d’un manque à venir de lithium, en fait du Chili (52% des réserves) à la Bolivie, en passant par l’Australie (actuellement premier producteur), les réserves abondent. Beaucoup de mines sont toutefois encore à l’état de projet, et les observateurs estiment qu’il faudra accélérer pour répondre à l’appétit des fabricants de batteries. Même chose pour les terres rares utilisées dans les aimants, à commencer par le néodyme et le dysprosium, que l’on trouve en quantité mais dont  la production va devoir nettement augmenter .

La Chine, dont les ambitions dans la voiture électrique sont immenses, détient plus de 20% des réserves de lithium et contrôle 90% de la production de terres rares. Cela ne l’empêche pas d’investir massivement dans des mines à travers le monde pour assurer son approvisionnement. Elle a mis un pied au Congo où se trouve les plus grands gisements de cobalt de la planète.

Aujourd’hui, ce pays d’Afrique fournit à lui seul la moitié du métal produit chaque année. Mais pour combien de temps ? L’offre mondiale est restreinte. « C’est même la seule des ressources nécessaires aux véhicules électriques qui fait face à des réserves limitées, prévient UBS. Elle dépend en outre d’une source centre africaine d’approvisionnement risquée. » Un espoir ? Une moindre utilisation dans la nouvelle génération de portables.

MURYEL JACQUE

Source  :

https://www.lesechos.fr/industrie-services/industrie-lourde/030537723987-vers-une-ruee-sur-les-metaux-critiques-2112897.php#3lc7b2uXSDA8495Z.99

Posted in Strategy.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *