La fonderie de St-Brieux ouvre ses portes (Ouest-France)

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Le coeur du quartier Robien abrite Manoir Industries. La fonderie briochine ouvre ses portes au public, ce samedi. L’occasion de démystifier un endroit habituellement secret.

On pourrait passer devant sans la voir. Elle se fond dans le décor. Pourtant, elle en impose. La fonderie Manoir industries (ex-Sambre-et-Meuse) est située en plein coeur de ville, dans le quartier Robien. Sur 7 ha. Des bruits sourds et de la fumée s’en échappent et rappellent qu’ici, 260 à 270 ouvriers, travaillent dur. De jour comme de nuit, ils fabriquent des pièces sur mesure pour de gros matériels de carrières ou travaux publics.

Ces lieux, fascinants pour les uns, inquiétants pour les autres, nécessitent de montrer patte blanche pour y pénétrer. Sécurité oblige. En pleine épidémie de grippe A, l’agent d’accueil prend même la température d’éventuels visiteurs avec un thermo scan à infrarouge…

Fierté des salariés

Pourtant, ce samedi, l’usine s’ouvre, exceptionnellement, au public. Plus exactement aux familles des salariés, aux riverains et à des élus. Cela représentera 700 à 1 000 visiteurs. Quarante ans que cela n’était plus arrivé. « Nous en sommes fiers », confie Dominique Leffondré, responsable outillage et usinage, embauché en 1973, à l’époque où ils étaient 800 ouvriers.

« Ça va permettre de démystifier, explique Benoît Douchain, directeur du site. L’usine ne risque pas d’exploser. Il n’y a aucun danger pour les riverains ou la ville. Nous ne sommes pas considérés comme un établissement à risques. Nous n’abritons que de l’acier et du sable. Ici, nous consommons 15 000 tonnes de ferraille achetée dans la région. »

Sous de grands hangars, trois ateliers distincts : modelage des pièces, fonderie et déstockage. La fonderie est l’endroit le plus impressionnant. On se dirait plongé dans un univers à la Germinal. D’énormes fours accueillent 6 à 7 tonnes d’acier liquide. Les pièces y chauffent à 1 100°. Les ouvriers y effectuent des travaux très physiques. Ils sont protégés de la tête aux pieds : casque, bouchons d’oreilles, gants, chaussures de sécurité…

Un investissement de 10 millions d’euros

Côté déstockage, des pièces sont prêtes à partir en Mauritanie, des maillons de chenille. Une commande de 70 pièces représentant 300 000 €. Manoir industries exporte de plus en plus. L’usine n’a pas échappé à la crise. Elle a notamment subi, par ricochet, celle du BTP et des cimenteries. Conséquence : « Nous enregistrons -20 % d’activité par rapport à l’an dernier, à la même époque. Mais notre carnet de commande n’est pas mauvais. Nous parvenons désormais à avoir une visibilité sur 3 semaines, un mois », confie le directeur. En début d’année, c’était impossible, l’usine avait même dû avoir recours au chômage partiel. « Aujourd’hui, tout va mieux, on le sent », assurent les salariés. Leur directeur de site confirme : « Malgré la crise, nous avons continué à investir 1,5 million d’euros par an. Là, nous envisageons un chantier de moulage. Cela représentera un investissement de 10 millions d’euros qui nous permettra d’augmenter notre capacité de production. En tout cas, cela montre bien la volonté du groupe de pérenniser le site et l’emploi… » Le groupe Manoir Industries compte 13 sites dans le monde dont 7 en France, 3 000 salariés et réalise plus de 700 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Bruno ALVAREZ.

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