Farinia rachète la Société des Aciers Fins de l’Est ‎(SAFE)

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Frédéric Guinot, PDG de Farinia (à gauche) et Jean-Louis Pierquin aux rênes de la Safe. (Credit Photo @  Le républicain Lorrain – archives RL/Maury GOLINI)

La Safe de Hagondange est finalement reprise par le groupe Farinia qui sacrifiera 61 salariés. Les syndicats s’inquiètent du plan de sauvegarde.

27/04/2011 – En règlement judiciaire depuis le 5 janvier dernier, la Safe d’Hagondange sera reprise par le groupe français Farinia. La chambre commerciale du tribunal de grande instance de Metz a tranché, hier, en faveur de l’offre de Frédéric Guinot, patron du groupe Farinia, préférée à celle de l’Italien Bifrangi. «  Ce n’est pas une surprise pour nous. De toute façon ce sera très difficile », affirme Claude Charlier de la CGT. «  Entre les deux candidats c’est blanc bonnet et bonnet blanc », explique de son côté Raphaël Freyermuth de la CFDT. Des syndicats qui ont anticipé l’annonce du nom du repreneur pour mobiliser les salariés dès hier afin de «  sécuriser et verrouiller le plan de sauvegarde qui se prépare. » De fait, Farinia dans son projet a prévu d’amputer les effectifs (320) de 61 personnes. Et c’est avec l’administrateur et les pouvoirs publics que l’intersyndicale a entamé un premier bras de fer, dès hier, en appelant à un débrayage de deux heures, très moyennement suivi à l’usine, et à une petite manifestation devant la préfecture. «  Nous sommes déterminés à obtenir une amélioration des conditions de ce PSE », affirment les représentants du personnel. En attendant, du côté de Farinia, on s’apprête à prendre la direction des opérations de la Safe, dès le 2 mai.

« Redonner confiance ! »

«  Je suis très content, mais le plus dur reste à faire ! », répond à chaud Frédéric Guinot le patron du groupe Farinia. Ce dernier s’est fixé deux années pour remettre le bateau Safe à flots, mais plus sûrement, «  trois à quatre années pour diversifier le chiffre d’affaires. » Premier objectif pour le PDG du groupe français : «  faire en sorte de relancer cette société qui a besoin de reprendre confiance en elle. » Cela passera, selon lui, par une reconquête de la clientèle et pas seulement Renault. «  Il faudra qu’on mérite Renault, mais on vise aussi d’autres constructeurs européens comme PSA Peugeot Citroën ou Volkswagen. » Toujours selon le dirigeant, il sera nécessaire d’améliorer les relations avec le principal fournisseur qu’est Ascométal. «  Je suis frappé de voir cette distance entre ces deux sites pourtant si proches », constate Frédéric Guinot. Son projet s’appuie sur 28 M€ d’investissements dont les aides du FMEA (Fonds de modernisation de la sous-traitance automobile) de l’ILP (Institut lorrain de participation) et du FLC (Fonds lorrain de consolidation) afin de moderniser l’outil. La société sera transformée en trois pôles distincts, la forge à chaud (40 M€ de chiffre d’affaires) avec un effectif de 100 personnes, à froid (30 M€ et 100 salariés) et la société d’outillage et de maintenance (6 à 7 M€). Le challenge social ne l’inquiète pas. «  Ce ne sera pas le plus compliqué. Le dialogue social se restaurera naturellement », dit-il. De son côté, Jean-Louis Pierquin, appelé à la tête de la holding par le PDG de Farinia, éprouve une forme «  de soulagement pour la région », mais avoue aussitôt que «  ce ne sera pas simple. Notre ambition sera de relancer le développement de la Safe, de la rendre compétitive. »

Source : Bernard KRATZ – Le Républicain Lorrain

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